Ce que dit et ne dit pas l’étude PURE

Cet automne, les résultats de l’étude consacrée à la cohorte internationale PURE ont jeté le trouble dans la communauté scientifique et ont eu de nombreuses retombées dans les médias. Concernant les bienfaits de l’activité physique, les résultats allaient dans le sens habituel de la littérature mais ceux faisant le lien entre macronutriments, et mortalité ou maladies cardiovasculaires pouvaient paraître plus inattendus. En effet, ils mettaient en évidence que des apports élevés en glucides sont associés à un risque supérieur de mortalité alors que la consommation de lipides réduit la mortalité.

Cette conclusion a été très médiatisée, avec des erreurs d’interprétation au sein d’articles parfois alarmistes indiquant que « les sucres seraient pires que les graisses ». Premièrement, il y a une confusion entre les glucides, dont il est question dans l’étude, et les sucres. Deuxièmement, les résultats doivent être interprétés en intégrant la diversité des niveaux de vie et des habitudes de consommation des populations. En effet, l’étude PURE sur-représente les pays à faibles et moyens revenus, où l’alimentation diffère de celle des pays riches. Par exemple, la consommation de glucides est bien plus élevée en Asie et en Afrique qu’en Europe, ce qui laisse peu de place à la diversité et aux autres nutriments. Les plus grands consommateurs de glucides de cette étude (plus de 75 % de l’AET) sont comparés aux petits consommateurs (46 % de l’AET, une valeur proche de la consommation en France). Et c’est justement chez ces petits consommateurs que le risque de mortalité et de maladies cardio-vasculaires est le plus faible. La conclusion de l’étude serait plutôt que les recommandations doivent être adaptées au niveau national, en fonction des apports des populations, comme le souligne une autre étude de ces brèves, cette fois-ci sur les sucres.

Le Département scientifique du CEDUS

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