Les données de littérature concernant l’effet de la consommation d’un aliment sucré (précharge) sur l’augmentation ou la diminution de la prise alimentaire ultérieure ont montré des résultats contradictoires. Cette étude explore un nouveau paramètre qui peut influencer le résultat : celui de la perception saine, ou non, de la précharge sucrée. Des étudiants de l’Université d’Arizona ont été recrutés pour explorer les effets de la teneur en sucres et de la perception plus ou moins saine d’une boisson protéinée sur la consommation ad libitum ultérieure d’un snack constitué de chips de pommes de terre.

Faire varier la teneur en sucres d’une boisson dite « saine »

L’expérimentation 1 a testé l’effet de la teneur en sucres d’une boisson dite « saine » sur la consommation ultérieure de snack. Les boissons « saines » étaient des boissons protéinées avec une teneur en sucres soit élevée soit basse (sucrée par l’ajout d’édulcorants), leur teneur en matières grasses étant ajustée pour assurer un apport isocalorique. Préalablement à cette étude, il a été vérifié que les participants considéraient les boissons protéinées comme des boissons saines. Dans ces conditions, les participants qui avaient préalablement bu la boisson à forte teneur en sucres ont consommé plus de chips de pommes de terre comparé aux sujets ayant consommé la boisson isocalorique à faible teneur en sucres.

Jouer sur la perception « saine » / « plaisir » de la boisson

L’expérimentation 2 a évalué les effets interactifs de la teneur en sucres et de la perception « saine » sur la consommation ultérieure de snack. Les boissons protéinées isocaloriques à faible ou haute teneur en sucres ont été étiquetées soit « saines » soit « plaisir ». Comme dans l’expérimentation 1, les sujets ayant bu la boisson à forte teneur en sucres ont consommé davantage de snack comparé à ceux ayant consommé la boisson édulcorée lorsque les participants percevaient la boisson protéinée « saine ». Par contre, quand les participants percevaient la boisson comme « peu saine » (étiquetage « plaisir »), ceux qui ont bu la boisson à haute teneur en sucres ont consommé moins de snacks comparés à ceux ayant consommé la boisson isocalorique à faible teneur en sucres. Cette interaction est principalement due à la perception de la boisson initialement consommée.  Les effets, bien que significatifs, représentent une différence de 20 à 30 kcal (sur une prise alimentaire de 260 à 290 kcal).

Cette étude a montré comment la perception saine, ou non, peut moduler les effets de la consommation de sucres sur la consommation ultérieure. Cependant, il est à noter que dans cette étude, la précharge est sucrée alors que le snack qui suit est salé : le rassasiement sensoriel spécifique n’est donc pas étudié.

 

À retenir :

– La perception saine ou non d’une boisson sucrée module ses effets sur la prise alimentaire qui suit : lorsque les participants la considèrent comme saine, ils consomment par la suite plus de snacks que s’ils la considèrent comme “plaisir”.

– Ces résultats mériteraient d’être testés avec une précharge salée ou un snack sucré pour prendre en compte le rassasiement sensoriel spécifique.

 

 

Sugar, perceived healthfulness, and satiety: When does a sugary preload lead people to eat more?

Mandel N , Brannon D. Appetite. 2017 Jul 1;114:338-349.

Auteur : Mandel N

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 73 - Juillet-Aout 2018