Si de nombreuses études ont mis en exergue une association positive entre le dîner familial et la qualité des apports alimentaires chez les adolescents et les jeunes adultes, aucune d’entre elles n’avait jusque-là examiné si cette association existait pour toutes les familles, quelle que soit leur dynamique. C’est désormais chose faite grâce à une étude transversale parue fin novembre dans la revue JAMA Network Open, et réalisée sur 2 728 adolescents et jeunes adultes âgés de 14 à 24 ans de la cohorte américaine Growing Up Today 2, ayant déclaré vivre avec leurs parents « la plupart du temps ».

 

Des dîners familiaux associés à une meilleure qualité alimentaire…

 La qualité de la dynamique familiale, ou le niveau de fonctionnement de la famille pour reprendre les termes des chercheurs, était définie par « la façon dont ses membres gèrent les routines quotidiennes, communiquent et se connectent émotionnellement les uns avec les autres ». La fréquence des dîners en famille ainsi que les consommations alimentaires étaient évaluées à l’aide de questionnaires individuels. À partir de ces éléments, les auteurs ont confirmé l’association positive entre la fréquence des dîners familiaux et la qualité des apports alimentaires dans la population considérée.

 

… quelle que soit la dynamique familiale

La dynamique familiale, qu’elle soit bonne ou mauvaise, ne modifiait pas les associations mises en évidence. Dans les modèles ajustés*, des dîners familiaux plus fréquents étaient ainsi associés à des prises de fruits et de légumes plus élevées et à une consommation réduite de fast-food et de plats à emporter. Et chez les hommes uniquement, ils étaient également corrélés à une consommation réduite de boissons sucrées.

 

Une cible pour améliorer le régime alimentaire des jeunes ?

 Contrairement à ce qui pourrait être pensé, le dysfonctionnement familial ne semble donc pas de nature à entraver la capacité à préparer des repas équilibrés ni à diminuer les effets bénéfiques du dîner en famille. La fréquence des dîners en famille n’étant d’ailleurs pas significativement modifiée en fonction de la qualité de la dynamique familiale. Bien que la cohorte considérée (constituée d’enfants d’infirmières majoritairement caucasiens) ne soit pas représentative de l’ensemble des adolescents américains, les dîners de famille pourraient ainsi constituer un levier à considérer pour améliorer le régime alimentaire des jeunes.

À retenir :

  • La fréquence des dîners en famille a été associée positivement à la qualité des apports alimentaires de jeunes américains, en particulier à des consommations plus élevées de fruits et légumes et moins élevées d’aliments de type fast-food, de plats à emporter, voire de boissons sucrées (chez les hommes), quelle que soit la qualité de la dynamique familiale.
  • Les dîners en famille pourraient constituer une cible d’intervention appropriée pour améliorer la qualité du régime alimentaire chez les jeunes.

Source : Exploring the Role of Family Functioning in the Association Between Frequency of Family Dinners and Dietary Intake Among Adolescents and Young Adults. Walton K., Horton NJ, Rifas-Shiman SL, Field AE, Austin B, Haycraft E, Breen A, Haines J. Jama Network Open. 2018 Nov 21. 74005

*ajustements sur l’âge, le niveau d’éducation et la structure familiale (monoparentale…)

Auteur : Walton K

Documents supports :
Brèves Nutrition n°74