Diabète glucose

LES SUCRES SONT-ILS RESPONSABLES DU DIABÈTE ?

  • Le diabète est défini par une valeur de la glycémie (taux de glucose dans le sang) supérieure à 1,26g/L.

  • Le diabète de type 1 est une maladie auto immune non liée à la consommation de sucres.

  • Une surconsommation de sucres augmente le risque de prise de poids qui peut provoquer l’apparition d’un diabète de type 2 chez les sujets vulnérables par une prédisposition familiale.

  • Les prescriptions diététiques n’éliminent pas les sucres de l’alimentation des personnes diabétiques.

  • Aujourd’hui, il est conseillé aux personnes diabétiques d’estimer l’effet des aliments sur leur glycémie en fonction de l’index et de la charge glycémiques.

 

1. LES DIFFÉRENTS DIABÈTES

Le diabète est défini par une glycémie à jeun (taux de glucose dans le sang)* ≥ 1,26 g/L soit ≥ 7,0mmol/L1. Ces dernières années, la prévalence du diabète a largement augmenté dans le monde et en France (8 % de la population [OMS 2016]), cette pathologie devenant une préoccupation centrale de santé publique.

Le diabète de type 1 (diabète insulinodépendant) est une maladie auto-immune qui détruit les cellules du pancréas sécrétrices d’insuline.
Le diabète de type 2 (diabète non insulinodépendant) arrive plus tardivement dans la vie et est précédé par un état pré-diabétique. Le facteur familial est déterminant mais aussi le mode vie (sédentarité, alimentation, stress), associé à une surcharge pondérale. Chez les personnes prédisposées (antécédents familiaux, obésité, sédentarité, traitement médicamenteux, grossesse à risque), le dépistage joue en rôle central pour la prise en charge précoce du diabète qui permet de limiter les complications associées à cette maladie.

 

*L’Anses rappelle dans son rapport de 2016, que «l’utilisation du terme « sucre dans le sang » pour qualifier la glycémie est inappropriée2.»

2. GLUCIDES ET DIABÈTE DE TYPE 1

Il est reconnu que la surconsommation de sucres ne cause pas le diabète de type 12. Par ailleurs, on a longtemps interdit aux personnes diabétiques de type 1 de manger du sucre ou des produits sucrés. Il est désormais admis qu’elles doivent adapter leur quantité d’insuline à leurs apports alimentaires. Il leur est également conseillé de consommer les aliments sucrés au cours de repas.

Le sucre n’est pas interdit aux personnes diabétiques !

L’éducation thérapeutique des patients diabétiques repose sur une bonne connaissance de l’effet de leur alimentations ur leur glycémie. Cet effet dépend de l’index glycémique et de la charge glycémique (index glycémique pondéré par la quantité de glucides ingérés).

3. GLUCIDES ET DIABÈTE DE TYPE 2 : QUEL CONSENSUS ?

1/ Pas d’association démontrée entre glucides, sucres et diabète de type 2

Le niveau de preuve concernant une association entre la consommation de glucides et le risque de diabète de type 2 est considéré comme insuffisant, en raison des résultats très variables et du faible nombre d’études de cohortes disponibles à ce jour. Il est admis que dans les études dans lesquelles il n’a pas été observé une modification majeure du poids et/ou de la composition corporelle, les données ne montrent pas de diminution de la sensibilité à l’insuline ou d’apparition d’une intolérance au glucose liée à la consommation de sucres2,3.

Une étude cas-témoins4, ainsi qu’une revue de méta-analyses5 vont dans le même sens, indiquant qu’il n’y a pas de preuve claire de l’impact du sucre, indépendamment des calories apportées, sur le développement du diabète.

2/ Une consommation importante de boissons sucrées augmenterait le risque de diabète de type 2

ll existe une association probable avec un risque accru de diabète de type 2 en cas de consommation régulière de boissons sucrées6. Les boissons sucrées sont mentionnées à plusieurs reprises, pour leur risque d’apport calorique en excès et leur apport en fructose2. Plusieurs études récentes indiquent le lien entre le diabète de type 2 non seulement avec des boissons sucrées mais aussi avec des boissons édulcorées7. Il a été proposé que la surconsommation de boissons sucrées et/ou édulcorées seraient le marqueur d’un mode de vie sédentaire et/ou d’une alimentation de faible qualité nutritionnelle8,9. Il est donc difficile dans les études de cohorte d’isoler l’effet des boissons sucrées de celui de l’alimentation globale.

Références :

[1] Fiche Diabète, OMS 2016

2,3 Actualisation des repères du PNNS : établissement de recommandations d’apport de sucres .Décembre 2016

4  Relationship between Added Sugars Consumption and Chronic Disease Risk Factors: Current Understanding.Rippe JM, Angelopoulos TJ.Nutrients. 2016 Nov 4;8(11)

5 Ahmadi-Abhari S, Luben RN, Powell N, Bhaniani A, Chowdhury R, Wareham NJ, Forouhi NG, Khaw KT, Dietary intake of carbohydrates and risk of type 2 diabetes: the European Prospective Investigation into Cancer-Norfolk study. Br J Nutr. 2014 Jan 28;111(2):342-52.

6 Kahn R, Sievenpiper JL, Dietary Sugar and Body Weight: Have We Reached a Crisis in the Epidemic of Obesity and Diabetes?: We Have, but the Pox on Sugar Is Overwrought and Overworked. Diabetes Care April 2014 37:957-962.

7 Evidence-Based Guideline of the German Nutrition Society: Carbohydrate Intake and Prevention of Nutrition-Related Diseases, 2012

8 Actualisation des repères du PNNS : établissement de recommandations d’apport de sucres .Décembre 2016

9 Imamura F, O’Connor L, Ye Z, Mursu J, Hayashino Y, Bhupathiraju SN, Forouhi NG. Consumption of sugar sweetened beverages, artificially sweetened beverages, and fruit juice and incidence of type 2 diabetes: systematic review, meta-analysis, and estimation of population attributable fraction. BMJ. 2015 Jul 21;351:h3576.

10 Mathias KC, Slining MM, Popkin BM, Foods and Beverages Associated with Higher Intake of Sugar-Sweetened Beverages. Am J Prev Med. 2013 Apr;44(4):351-7.

11 Bidwell AJ, et al Effect of increased physical activity on fructose-induced glycemic response in healthy individuals. . Eur J Clin Nutr. 2014