Pleine conscience, alimentation en pleine conscience et « auto-compassion » sont-elles à même d’influencer notre prise alimentaire ? Alors même que ces attitudes de vie sont de plus en plus préconisées dans le suivi de régimes amaigrissants, une étude transversale a analysé leurs liens avec les consommations de matières grasses et de sucres chez 546 étudiants de l’Université de Birmingham (Royaume-Uni).

 

Pleine conscience et auto-compassion : de quoi s’agit-il ?

Le travail de pleine conscience vise à se concentrer sur l’instant présent, en observant ses sensations, pensées et émotions sans porter de jugement sur celles-ci ni essayer de les analyser. Cette pratique permettrait de développer des qualités d’acceptation, puis d’empathie et de sérénité. L’auto-compassion (self-compassion en Anglais) repose quant à elle sur une combinaison de bienveillance envers soi, d’humanité et de pleine conscience. Le recours à l’auto-compassion suscite beaucoup d’intérêt dans le cadre de régimes amaigrissants car elle serait capable de contrecarrer les sentiments d’échec voire de honte ressentis par les personnes cherchant à perdre du poids. Enfin, le concept de pleine conscience appliqué spécifiquement aux expériences alimentaires, a récemment donné lieu à la pratique de la pleine conscience alimentaire : il s’agit de l’attention portée sciemment aux sensations ressenties à l’occasion d’une prise alimentaire (toujours dans un état d’observation et non de jugement).

 

Une relation avec les apports en sucres et en matières grasses

Les étudiants présentant les plus hauts scores de pleine conscience et de pleine conscience alimentaire affichaient une moindre consommation de sucres et de matières grasses, ainsi que, pour la pleine conscience alimentaire, un indice de masse corporelle (IMC) plus faible. En allant plus loin dans les analyses, les auteurs constataient que les composantes négatives de l’auto-compassion, c’est-à-dire le sentiment d’isolement et la sur-identification aux pensées et sentiments négatifs, étaient positivement corrélées à la consommation de sucres et de matières grasses ; de même que le manque de structuration des prises alimentaires et de distraction de la pleine conscience alimentaire. Ces recherches préliminaires (limitées à ce stade à une population étudiante avec une sous-représentation d’individus obèses) soutiennent ainsi l’hypothèse d’une relation entre nos prises alimentaires et la pleine conscience (alimentaire) et l’auto-compassion ; et ouvrent ainsi la voie à des recherches plus robustes sur le sujet.

À retenir :

  • Les personnes ayant développé des qualités de pleine conscience et de pleine conscience alimentaire consomment moins de sucres et de matières grasses, suggère une étude réalisée sur une population étudiante.
  • Leur indice de masse corporelle se révèle en outre plus faible.
  • Ces résultats appellent des recherches complémentaires comme des études de cohorte ou des essais d’intervention pour confirmer ou infirmer le rôle de la pleine conscience dans la régulation des prises alimentaires.

 

Source : Mindfulness, self-compassion, and mindful eating in relation to fat and sugar consumption: an exploratory investigation. Mantzios M, Egan H, Hussain M, Keyte R, Bahia H. Eat Weight Disord. 2018 Jul 31.

Auteur : Mantzios M.

Documents supports :
Brèves Nutrition n°74 - novembre 2018