La sortie de l’adolescence s’accompagne de changements importants pour les jeunes adultes : entrée à l’université ou dans le monde du travail, éloignement familial… Leur nouvelle indépendance s’exprime aussi dans leurs choix alimentaires, cependant bien souvent contraints par le manque de moyens matériels et financiers pour cuisiner ou s’alimenter sainement. La profusion de snacks bon marché, faciles à stocker, encourage aussi les mauvaises habitudes alimentaires. Or des études ont montré qu’être en surpoids léger ou modéré entre 20 et 22 ans augmente le risque d’obésité ultérieure.

Mise en œuvre de l’étude

2 680 étudiants habituellement sédentaires ont été recrutés sur la base du volontariat pour suivre un programme sportif de 15 semaines, comportant au minimum 3 cours de fitness hebdomadaires. La durée des sessions et leur intensité (déterminée par le ratio entre la fréquence cardiaque des sujets lors de l’exercice et leur fréquence cardiaque maximale) ont été systématiquement mesurées et enregistrées.

Leurs consommations alimentaires ont été évaluées au début et à l’issue de ce programme, grâce à un questionnaire estimant la fréquence de consommation de 102 aliments. L’analyse de ces données a permis de définir sept schémas alimentaires : « Prudent » (privilégie fruits et légumes, évite les sodas et aliments gras), « Occidental » (privilégie la viande rouge, les aliments frits ou transformés, les féculents…), « Snacking » (en-cas sucrés ou salés, soda…), « Ethnique » (burritos, tacos…), « Substituts de produits laitiers et carnés » (tofu, lait d’amande…), « Alcool », « Lait et céréales ». Pour chacun de ces schémas, des scores reflétant la fréquence de consommation des aliments privilégiés ont été calculés. Les variations de ces scores entre le début et la fin de l’expérience témoignent du changement de préférences alimentaires des participants après 15 semaines d’exercice physique.

Le sport encourage les pratiques alimentaires saines

La plupart des scores associés à chaque schéma ont diminué à la suite du programme d’entraînement, témoignant d’une plus grande régulation de la prise alimentaire par les participants. Les exercices plus longs ont été associés à une diminution de la préférence pour les schémas « Occidental » et « Snacking ». Les exercices plus intenses ont augmenté la préférence des sujets pour le schéma « Prudent ». In fine, la pratique de l’exercice physique a motivé les étudiants à adopter des habitudes alimentaires globalement plus saines.

Des variations individuelles à ne pas négliger

Dans cette étude, les changements observés étaient indépendants du sexe des individus.  Les étudiants qui n’ont pas eu un engagement physique suffisant (ceux dont la fréquence cardiaque est restée en moyenne inférieure à 65 % de leur fréquence cardiaque maximale au cours des exercices) ont montré une augmentation de préférence pour le schéma « Snacking » à l’issue des 15 semaines, à l’inverse des autres. Dans cette situation les auteurs proposent que les individus, qui auraient des difficultés à réguler leur prise alimentaire de produits palatables, seraient amenés à en consommer plus après un exercice physique comme leur dicteraient leurs croyances de santé (du style après l’exercice le réconfort !!).

 

À retenir

  • Cette étude a évalué les variations des consommations alimentaires de 2 680 étudiants américains volontaires soumis à un programme sportif de 15 semaines.
  • L’exercice physique peut modifier favorablement les habitudes alimentaires, diminuant notamment les préférences pour les en-cas, sodas et autres aliments denses en calories.

 

Source : Joo J, Williamson SA, Vazquez AI, Fernandez JR, Bray MS. The influence of 15-week exercise training on dietary patterns among young adults. Int J Obes (Lond). 2019 Jan 18. doi: 10.1038/s41366-018-0299-3.

Auteur : Joo J