Le seuil de l’OMS pour la consommation de sucres libres, fixé à 10 % de l’apport énergétique total (AET), est-il pertinent pour optimiser ses apports en micronutriments ? Après une analyse dans la population adulte (voir Les brèves du Sucre n°71), l’équipe australienne s’intéresse à présent aux enfants et adolescents pour étudier l’effet de « dilution micro-nutritionnelle », défini comme la baisse d’apports en micro-nutriments quand les apports en sucres libres augmentent.

 

Apports en sucres libres et en micronutriments : quelles associations ?

À partir des données de consommations alimentaires recueillies dans une enquête nationale représentative de la population australienne (n = 1 466 enfants et adolescents), les chercheurs ont comparé les apports en micronutriments selon les apports en sucres libres. Résultats ? Les apports maximaux pour la plupart des micronutriments étaient observés pour des apports en sucres libres inférieurs à 15 % de l’AET. Les apports en micronutriments les plus faibles étaient observés chez les individus dont les apports en sucres libres excédaient 25 % de l’AET. De plus, pour les enfants et les adolescents présentant des apports en sucres libres supérieurs à 20 % de l’AET, le risque de ne pas atteindre les valeurs nutritionnelles de référence fixées par les autorités australiennes était plus élevé, et ce pour plus de la moitié des 18 micronutriments étudiés.

 

Quel est l’impact de la valeur maximale de l’OMS sur les apports en micronutriments ?

Les chercheurs ont également comparé les apports en micronutriments en fonction d’un autre seuil : la valeur maximale de 10 % de sucres libres dans l’AET préconisée par l’OMS  (recommandation établie essentiellement pour la prévention du surpoids et des caries). Ils ne mettaient pas en évidence de différences d’apports en micronutriments, en absolu, entre les enfants et adolescents respectant ou dépassant cette valeur. La recommandation de l’OMS pour les sucres libres présente ainsi un impact limité sur les niveaux d’apports en micronutriments. Cela pourrait tenir à son expression sous forme de pourcentage de l’AET ; une limite maximale formulée en grammes par jour aurait pu conduire à des conclusions différentes.

 

À retenir :

  • Chez les enfants et adolescents australiens, les apports maximaux pour la plupart des micronutriments sont observés pour des apports en sucres libres inférieurs à 15 % de l’AET.
  • Au-delà de 20 % de l’AET, les sucres libres augmentent le risque d’apports insuffisants en de nombreux micronutriments par rapport aux recommandations.
  • La valeur maximale de 10 % de sucres libres préconisée par l’OMS (essentiellement pour la prévention du surpoids et des caries) ne semble ainsi pas constituer un seuil discriminant vis-à-vis du risque de dilution des micronutriments.

Source : Intake of free sugar and micronutrient dilution in Australian children and adolescents. Wong THT, Mok A, Ahmad R, Rangan A, Louie JCY. OMS, sucres libres, micronutriments. 2018 Jul 31 [Epub ahead of print].

 

Auteur : Wong THT

Documents supports :
Brèves Nutrition n°74