Dans de nombreux pays, en particulier aux Etats-Unis, l’augmentation de la prévalence de l’obésité a été concomitante à celle de la consommation de sucres ajoutés et de boissons sucrées. Est-ce une coïncidence ou les sucres jouent-ils un rôle dans la montée de l’obésité ? L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont connu la hausse la plus forte d’obésité depuis 1980. Plus de 68 % des hommes adultes Australiens et 56 % des Australiennes adultes sont en surpoids ou obèses, incluant 30 % de femmes et 28 % d’hommes obèses. Sur cette même période, l’Australie a connu un déclin de la disponibilité des sucres ajoutés et des ventes de boissons sucrées. Cette relation entre augmentation de l’obésité et réduction de la consommation de sucres ajoutés, notée en 2011, a été nommée le paradoxe Australien. Les auteurs de cette étude ont voulu mettre à jour ces données à partir de nouvelles sources d’informations disponibles depuis 2011.

D’après les statistiques de la FAO, la disponibilité du sucre et autres sucres (sirop fructose, maltose…) par habitant a chuté de 16 % de 1980 à 2011 (de 152 à 127g/jour, p<0,001) et la consommation apparente de sucres ajoutés a diminué de 17 % de 1961 à 2011. La comparaison des enquêtes alimentaires nationales a montré une réduction de 20 % de la consommation absolue de sucres totaux chez les adultes (de 115 à 103g/jour entre 1995 et 2011), plus forte chez les hommes (- 14 %) que (- 6 %) chez les femmes. La consommation de sucres ajoutés a également diminué plus largement chez les hommes (- 18 %) que chez les femmes (- 4,5 %). Par rapport à la consommation d’énergie totale, les sucres ajoutés ont diminué de 10 % (10 % à 9 % de l’énergie) chez les hommes mais reste la même chez les femmes (≈ 9 %). Cette baisse de consommation est plus marquée chez les enfants de 2 à 18 ans.

En ce qui concerne les boissons sucrées, le nombre de consommateurs adultes a baissé de 13 % de 1995 à 2011 (35 % à 30,6 %) avec une baisse plus marquée chez les adultes de 19-30 ans. La population d’enfants consommateurs a diminué de 31 %. Par contre, la consommation de boissons édulcorées est passée de 8,4 à 11,1 % entre 1995 et 2011 chez les adultes (+ 32 %). La contribution des boissons sucrées, incluant les jus de fruits, à l’énergie totale a diminué de 10 % et de 20 % respectivement chez les hommes et femmes adultes, et de 35 % et 44 % respectivement chez les garçons et les filles (2-18 ans). La consommation d’énergie provenant des sodas ainsi que la contribution des sodas aux sucres totaux consommés ont également diminué dans toutes les catégories d’âge, plus fortement chez les enfants. Les données industrielles de consommation des boissons sucrées confirment les résultats ci-dessus.

Cette étude a montré en Australie une baisse de la disponibilité et de la consommation de sucres ajoutés, incluant ceux provenant des boissons sucrées, quelle que soit la source de données analysée (FAO, enquêtes alimentaires nationales, industries), alors que sur la même période, la prévalence de l’obésité a augmenté de 80 %, remettant en cause l’idée commune que les sucres ajoutés seraient les responsables directs de la montée de l’obésité.

 

Declining consumption of added sugars and sugar-sweetened beverages in Australia: a challenge for obesity prevention. Brand-Miller JC , Barclay AW . Am J Clin Nutr. 2017 Mar 8.

Auteur : Brand-Miller JC

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Brèves Nutrition n°69 - Septembre 2017 - N69013