La consommation d’aliments glucidiques provoque des réponses glycémiques postprandiales variées. L’index glycémique (IG) a été proposé pour classer les aliments selon leur capacité à élever la glycémie par rapport à un aliment de référence, le pain blanc ou le glucose. Il s’exprime sous la forme du pourcentage de l’aire incrémentée sous la courbe (AUC) de la réponse glycémique dans les deux heures qui suivent la consommation d’une portion de 50 g de glucides disponibles de l’aliment test par rapport à une quantité semblable de glucose ou de glucides dans du pain blanc. Alors qu’il a été initialement développé pour améliorer le contrôle glycémique des diabétiques, l’IG a ensuite été proposé pour guider les choix alimentaires visant à réduire le risque de maladies chroniques. Cette dernière utilisation est cependant controversée. Il a déjà été démontré que l’IG d’un aliment varie significativement chez les diabétiques, mais les données sur la fiabilité de la mesure et sur les potentielles sources de variabilité chez les adultes sains sont encore limitées.

Les auteurs de cette étude ont étudié la variabilité intra- et interindividuelle de la réponse glycémique à un aliment, ainsi que les facteurs méthodologiques et biologiques qui peuvent l’influencer. Pour cela, ils ont déterminé l’IG du pain blanc (aliment test), en utilisant la méthodologie standardisée, chez 63 volontaires sains, différant par leur sexe, leur âge (de 18 à 85 ans) et leur indice de masse corporelle (de 20 à 35). Chaque individu a participé à 3 sessions, incluant le glucose (référence) ou le pain blanc. La glycémie et l’insulinémie ont été suivies durant les 5h suivant l’ingestion.

 

Les valeurs d’IG ont été calculées par différentes méthodes d’AUC. En utilisant la méthode recommandée, l’IG pour le pain blanc a été de 62,4 ± 15,3, avec des variabilités intra- et interindividuelles de 20 et 25% respectivement. Augmenter le nombre de sujets, de sessions, la fréquence de l’échantillonnage de sang, tout comme modifier la méthode de calcul AUC n’améliorent pas les variabilités. L’index insulinémique et les valeurs de l’hémoglobine glyquée expliquent respectivement 15 et 16% de la variabilité de la valeur moyenne de l’IG du pain blanc.

 

D’après ces résultats, il existe une variabilité substantielle individuelle de l’IG, malgré l’utilisation de méthodologies standardisées, démontrant que ce n’est pas une forcément une bonne approche pour guider les choix alimentaires.

 

Estimating the reliability of glycemic index values and potential sources of methodological and biological variability

Nirupa R Matthan, Lynne M Ausman, Huicui Meng, Hocine Tighiouart, and Alice H Lichtenstein

Am J Clin Nutr ajcn137208; First published online September 7, 2016. *66008

Auteur : Matthan N.

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 66 - Décembre 2016 - N66008